Pas de trainards en traineau…

Encore une fois le Père Noël avait accompli sa mission.

Tout avait été livré en temps et en heure. Pas un cadeau ne manquait. Pas une cheminée n’avait été oubliée. Pas un chausson n’avait été négligé.

Bien sûr, comme chaque année quelques petits ratés, çà et là.

Un camion de pompier avec une grande échelle trop courte.

Un ours en peluche pleurnichard sans son pot de miel.

Ou bien encore une caméra super 8 à la place d’un DVD Blue Ray.

Bon, pour ce dernier incident, c’est parce que la lettre reçue au service “Courrier” disait juste : “Mon Papa voudrait un Super 8 comme cadeau…..” Le Père Noël ne pouvait pas savoir qu’il s’agissait du film super8 de J-J Abrams et non pas d’une antique caméra….

Le vieux barbu tout de rouge vêtu attendait tranquillement que ses invités sonnent à la porte de son chalet. Comme chaque année, après le “Grand Soir” (celui attendu par les enfants, et non pas celui des révolutionnaires comme ils nous l’expliquent ici), ils se retrouvaient tous ensemble à refaire le monde des cadeaux, à commenter leur réussite et leurs déboires (déjà évoqués ici ou bien).

Il y avait la “Petite Souris”, ramasseuse de dents de bambins. A force d’en récolter, elle avait pu ouvrir une boutique d’artisanat dentaire où colliers, bracelets et prothèses diverses vendus dans le monde entier lui garantissaient une retraite en fromage jusqu’à la fin de ses jours. “Ça m’évite de faire le guignol avec un chat, dans des dessins animés, comme mon cousin Jerry” rappelait-elle régulièrement…

Il y avait ce bon vieux Saint-Nicolas et son acolyte le Père Fouettard. Précurseur dans le business, Saint-Nicolas avait modérément accepté qu’un jeune employé ambitieux ne le quitte pour créer sa propre affaire : “Père Noël et lutins associés“. L’élève avait dépassé le maitre et Saint-Nicolas avait recruté un autre père Fouettard…

Avec le temps, les rancœurs s’étaient atténuées jusqu’à disparaitre complètement. Et une solide amitié avait même pu se nouer lorsque les “dingos d’Halloween” avaient cru bon de révolutionner les affaires en proposant des cadeaux “qui font peur” la veille de la Toussaint…Unis contre ces nouveaux concurrents, ils avaient bien résisté et pouvaient continuer à proposer des cadeaux “qui font plaisir”.

Le Père Noël appréciait grandement cette soirée, entre vieux complices, où chacun il allait de son anecdote. Il n’était pas rare qu’elle se finisse aux aurores boréales. Bien souvent il leur proposait de dormir à la maison : lorsqu’il y a plus de degrés dans le verre qu’on boit, que dans l’air que l’on respire, il est plus prudent de ne pas repartir en traineau !

“Ding-Dong !” La sonnette tira le Père Noël de ses pensées…

“Les voilà,” lui dit la Mère Noël, ….car comment imaginer que ce Grand Homme pouvait mener à bien sa Grande Œuvre sans qu’une épouse, forcément exceptionnelle, ne soit à ses côtés….